87 %
des agents estiment ne pas être rémunérés à leur juste valeur
Données marché 2026
87 % des agents se déclarent sous-payés. La moitié de la profession gagne moins de 1 700 € brut. Mais le salaire dépend d'abord du statut, du produit vendu et des marges annexes. On décortique toute la feuille de paie.
Le salaire d'un agent de voyage ne se résume pas à une grille. Il dépend d'abord du statut sous lequel on exerce (salarié sous convention collective, gérant, mandataire indépendant, conseiller en réseau, portage), puis du type de produit vendu, et enfin des marges annexes : surcommissions de volume, frais de service et add-ons. Deux agents au même poste peuvent gagner du simple au triple selon ces trois leviers.
Pour comprendre les chiffres, il faut d'abord comprendre un basculement : le métier vivait des commissions versées par les compagnies aériennes et les tour-opérateurs. Depuis la suppression des commissions aériennes en 2005, la marge s'est déplacée vers les frais de service facturés au client et vers les produits à forte rétrocession (assurance, croisière, sur-mesure). La feuille de paie suit ce déplacement.
Cette page croise les sources publiques (Légifrance, enquête salaires Tour Hebdo, presse professionnelle, avis d'employés) pour reconstituer ce que gagne réellement un agent de voyage en France, statut par statut et produit par produit. Quand un chiffre est une fourchette constatée plutôt qu'une donnée officielle, c'est indiqué.
Ce que les chiffres disent vraiment
Données issues de l'enquête salaires de référence menée auprès de 625 agents de voyage en exercice. Ces chiffres expliquent pourquoi la question de la marge est centrale pour tout gérant d'agence.
87 %
des agents estiment ne pas être rémunérés à leur juste valeur
1 sur 2
gagne moins de 1 700 € brut par mois (18 % sous 1 500 €)
70 %
ne perçoivent aucune commission sur leurs ventes
78 %
n'ont pas été augmentés dans l'année, 35 % jamais
Source : enquête salaires Tour Hebdo, 625 agents de voyage en exercice. Ces données reflètent la réalité structurelle du secteur : les leviers de rémunération existent, mais ils remontent surtout à l'agence et au réseau, rarement au salarié au comptoir.
Le point de départ
Avant l'ancienneté ou la spécialité, c'est le statut qui détermine le mode de rémunération, le niveau de charges et la protection sociale. Voici les cinq cadres dans lesquels on exerce le métier en France.
Stabilité et filet social, mais plafond bas : un confirmé stagne vite autour de 2 000 à 2 700 € brut.
Le seul statut où la marge de l'agence finit vraiment dans la poche. À condition que l'agence dégage du résultat.
Upside réel sans plafond, mais zéro filet : tout repose sur le volume vendu et la trésorerie personnelle.
Le compromis le plus courant pour se lancer en indépendant sans monter sa propre agence. Le réseau prend sa dîme.
La protection du salariat avec la liberté de l'indépendant, mais les marges du voyage étant minces, c'est rarement le plus rentable.
Sources : Légifrance (accord de branche IDCC 3245), Bpifrance Création, URSSAF. Le split 70-90 % en réseau est une fourchette constatée : les réseaux ne publient pas leur grille de commission.
Convention collective 2025
La convention collective historique des agences de voyage (IDCC 1710) a été remplacée par la convention nationale des opérateurs de voyages et des guides (IDCC 3245), avec une classification en 7 groupes A à G. Voici à la fois le plancher légal et ce qui se pratique réellement sur le marché.
Salaires minima hiérarchiques mensuels bruts (base 35 heures), accord de branche du 31 janvier 2025. Le groupe A est indexé à 1,01 fois le SMIC.
| Groupe | Minimum brut mensuel | Catégorie |
|---|---|---|
| A | 1 819,82 € | Employé |
| B | 1 870,77 € | Employé |
| C | 1 936,25 € | Technicien / agent de maîtrise |
| D | 1 998,21 € | Technicien / agent de maîtrise |
| E | 2 162,07 € | Technicien / agent de maîtrise |
| F | 2 520,97 € | Cadre |
| G | 3 075,50 € | Cadre |
Fourchettes brut et net constatées sur le marché français en 2025-2026. Le net est estimé à environ 78 % du brut. La part variable s'entend en pourcentage du fixe annuel.
| Poste / ancienneté | Brut mensuel | Net estimé | Part variable |
|---|---|---|---|
| Agent débutant (moins de 2 ans) | 1 820 - 1 950 € | 1 420 - 1 520 € | Rare / 0-5 % |
| Conseiller confirmé (2 à 7 ans) | 2 100 - 2 300 € | 1 640 - 1 800 € | 5 - 10 % |
| Conseiller senior / spécialisé (luxe, affaires) | 2 500 - 2 700 € | 1 950 - 2 100 € | 10 - 15 % |
| Chef de produit / forfaitiste | 2 100 - 3 500 € | 1 640 - 2 730 € | Bonus performance |
| Responsable / chef d'agence | 2 400 - 3 750 € | 1 870 - 2 925 € | Primes objectifs |
| Directeur d'agence | 3 000 - 5 700 € | 2 340 - 4 450 € | 15 - 30 % |
| Gérant de TPE | Variable | Variable | 100 % résultat |
| Mandataire indépendant | 0 fixe | 0 fixe | 100 % commissions |
Sources : Légifrance (IDCC 3245, accord du 31 janvier 2025), HelloWork, Apec, Talent.com, Indeed France 2025-2026. Données indicatives. Le net réel dépend du statut cadre ou non-cadre et de la situation personnelle.
Le cœur du sujet
Tous les produits ne se valent pas. Le taux de commission que touche l'agence varie du quasi-zéro (vol sec) à plus de 15 % (sur-mesure, croisière). C'est ce qui détermine la marge par dossier, donc le potentiel de rémunération.
| Type de produit | Panier moyen | Commission agence | Marge € / dossier | Qui paie, tendance |
|---|---|---|---|---|
| Vol sec / billetterie | 250 - 600 € | 0 - 1 % | 2 - 6 € puis 15 - 50 € de frais de service | La compagnie ne commissionne quasi plus depuis 2005. La marge vient des frais facturés au client. |
| Forfait tour-opérateur | 1 500 - 3 000 € | 8 - 15 % | 150 - 360 € | Le tour-opérateur paie. Cœur historique de la marge, mais les TO veulent baisser et variabiliser. |
| Voyage sur-mesure / DMC | 3 000 - 8 000 €+ | 15 - 25 % de marge | 450 - 2 000 €+ | L'agence achète au réceptif et re-marge, plus honoraires de conception. Le plus rentable au dossier. |
| Croisière | 1 200 - 3 500 € | 10 - 16 % | 150 - 500 € | La compagnie paie, et bien. Bonus de volume et sur-commissions sur les excursions. Fourchette constatée. |
| Voyage d'affaires | Modèle au forfait | Quasi nulle | 15 - 50 € par transaction ou abonnement | L'entreprise cliente paie un frais de service ou un management fee, pas le fournisseur. |
| Groupe / MICE / séminaire | 10 000 - 100 000 €+ | 10 - 20 % + honoraires | 1 000 - 20 000 €+ | Mix marge fournisseurs et honoraires de gestion de projet. Forte valeur logistique. |
| Hôtellerie sèche | 100 - 400 € | 9 - 15 % | 10 - 40 € | Faible à l'unité, concurrence frontale des plateformes. Souvent ajouté à un forfait. |
| Location de voiture | 150 - 500 € | 5 - 10 % | 10 - 40 € | Commission modeste, surtout un produit d'attachement. |
| Train sec | 50 - 200 € | 0 - 3 % | 0 - 6 € puis frais de dossier | Quasi pas commissionné. Vendu en service au client, surtout en B2B. |
Fiabilité : aucune grille de commission n'est publique en France ; les barèmes sont négociés confidentiellement entre fournisseurs et réseaux. Les chiffres ci-dessus croisent la presse professionnelle (L'Écho Touristique, TourMag, Tour Hebdo) et des analyses sectorielles. Les paniers moyens sont indicatifs.
Avant 2005, les agences touchaient 7 à 9 % de commission sur chaque billet d'avion émis. Le 1er avril 2005, Air France-KLM a supprimé ces commissions ; les autres compagnies ont suivi. Aujourd'hui, la commission sur un billet est d'environ 0,9 %, quasi insignifiante. Seules trois ou quatre compagnies versent encore une super-commission de 2 à 3 %.
N'étant plus payée par le fournisseur, l'agence facture désormais le voyageur : 15 à 60 € de frais de service par dossier, voire un abonnement annuel en voyage d'affaires. La formule qui résume la philosophie du secteur : mieux vaut payer 20 % de frais d'agence qu'1 % de plus sur les billets, car un frais fixe supprime le conflit d'intérêt et reste inférieur à un pourcentage sur de gros volumes.
Conséquence sur la marge : une agence dégage 35 à 40 % de marge brute, mais seulement 5 à 10 % de marge nette. C'est pourquoi chaque euro de marge annexe (frais de service, assurance, add-ons) compte autant dans la feuille de paie finale.
L'argent qui ne descend pas jusqu'au comptoir
Au-delà de la commission de base, les fournisseurs versent des bonus de volume. Ils peuvent doubler la rémunération d'un dossier, mais ils remontent à l'agence et au réseau, presque jamais au salarié.
Il faut distinguer trois niveaux : la commission de base (encaissée par l'agence sur chaque dossier), la surcommission ou override (un bonus de volume négocié par le réseau, versé en plus), et la prime du vendeur (décidée par l'employeur, sans rapport avec les deux premiers). C'est ce troisième niveau, le seul que touche le salarié, qui est le plus faible.
Selectour est le réseau le mieux documenté car il communique son enveloppe chaque année : 32 millions d'euros de surcommissions reversés à ses agences membres en 2024, avec une prévision de 34 millions pour 2025, versés en trois tranches. La surcommission n'est pas un taux unique : elle se débloque par briques cumulables, dont voici la répartition.
| Brique cumulable | Part débloquée | Condition |
|---|---|---|
| Porter l'enseigne Selectour | 10 % | Marque en façade |
| Charte vitrine | 10 % | Devanture conforme |
| Charte qualité | 20 % | Standards accueil et process |
| Présence en ligne | 10 % | Charte digitale respectée |
| Engagement réseau | 50 % | Réunions, congrès, implication |
Lecture importante : ces pourcentages sont des parts de l'enveloppe de surcommission qu'une agence débloque selon sa conformité, pas des points de commission ajoutés au chiffre d'affaires. Autres réseaux : le Cediv a reversé 814 000 € en 2024 (avec 35 % de retenue par la centrale), Havas Voyages fait reverser 1 % du volume à sa centrale en échange d'un outil de pilotage des seuils.
Le tour-opérateur lui-même module sa commission. TUI applique une grille saisonnière (12 à 14 % en basse saison, 10 à 12 % en haute saison, 10 % sur les promotions). Club Med part d'une base de 4 à 6,5 % qu'il double ou triple via des surcommissions calculées sur le volume et le recrutement de nouveaux clients. Voici un modèle représentatif de paliers de volume.
| Volume annuel avec le tour-opérateur | Surcommission additionnelle | Statut partenaire |
|---|---|---|
| Sous le seuil d'entrée | 0 | Commission de base seule |
| Palier 1 : objectif minimal | +1 à +2 points | Partenaire référencé |
| Palier 2 : objectif confirmé | +2 à +4 points | Partenaire privilégié |
| Palier 3 : volume fort ou croissance | +4 à +6 points | Partenaire stratégique |
| Bonus destination ou saison poussée | +1 à +3 points ponctuels | Incentive ciblé, cumulable |
Ces paliers sont une reconstitution pédagogique cohérente avec les chiffres publics (effet x2 à x3 chez Club Med, grilles TUI, logique de seuils des réseaux), pas une grille officielle d'un tour-opérateur précis. Les vrais barèmes sont confidentiels et varient par fournisseur, par réseau et par année. Un office de tourisme étranger peut aussi financer des éductours et challenges pour pousser sa destination.
L'agence et le réseau, pas le salarié. Les 32 à 35 millions d'euros de Selectour enrichissent les agences membres et la centrale. Le conseiller au comptoir, lui, reste sur son fixe proche du SMIC plus une éventuelle prime interne, décidée par son agence et sans rapport avec ces overrides. C'est la tension centrale du métier : la marge existe, mais elle ne descend pas jusqu'à la feuille de paie du vendeur.
Ce qui reconstruit la marge
Puisque la commission fournisseur a fondu, la marge se reconstruit dossier par dossier sur les frais de service et les produits annexes. Bien attachés, ils ajoutent 40 à 130 € de marge par dossier, sans coût d'acquisition supplémentaire.
| Add-on | Commission / marge | Taux d'attache | Impact € / dossier |
|---|---|---|---|
| Frais de service forfait | Forfait 15 - 35 € | Quasi systématique | 15 - 35 € |
| Frais d'agence vol sec | 22 - 75 € / billet | Systématique sur vol sec | 22 - 75 € |
| Assurance voyage | 10 - 25 % de la prime | 20 - 40 % (estimé) | 5 - 25 € |
| Excursions / activités | 8 - 15 % | 20 - 40 % sur séjours | 5 - 30 € |
| Transferts aéroport | 10 - 15 % | 15 - 30 % | 5 - 20 € |
| Location de voiture | 5 - 15 % | 10 - 20 % | 5 - 20 € |
| eSIM / connectivité | 15 % et plus | Faible mais en hausse | 2 - 5 € |
| Salon / lounge, coupe-file | Revente de service | Faible, haut de gamme | 2 - 15 € |
Parmi tous les add-ons, l'assurance est le plus rentable proportionnellement. L'agence agit en apporteur, encaisse 10 à 25 % d'une prime qui représente 3 à 6 % du prix du voyage, et ne gère aucun sinistre (porté par l'assureur). Sur une prime de 30 à 100 €, cela représente 5 à 25 € de marge nette par dossier équipé, sans aucun coût opérationnel après la vente. C'est de la marge quasi pure.
Sources : conditions générales d'agences (Carrefour Voyages, TUI), TourMag, standards du courtage assurance. Le taux d'attache des add-ons n'est pas publié en France : les valeurs sont des fourchettes estimées constatées. Encadrement légal : les frais doivent être communiqués au client avant la conclusion du contrat (articles R211-4 et suivants du Code du tourisme).
Cas concret : l'indépendant
Les chiffres ci-dessous sont des commissions brutes réelles, première et deuxième année, communiquées par un réseau de mandataires (profils anonymisés). L'écart entre profils est considérable, et la formule de base reste la même : 100 000 € de volume vendu produisent environ 14 000 à 18 000 € de revenu net conseiller.
| Profil | Année 1 | Année 2 | Note |
|---|---|---|---|
| Temps plein, niche écoresponsable | 46 700 € | jusqu'à 129 000 € | Cas exceptionnel en année 2. Une niche bien ciblée génère des paniers élevés sur peu de dossiers. |
| Expérience forte, temps plein, luxe | 40 800 € | 63 000 € | Profil représentatif d'un lancement réussi avec un carnet d'adresses existant. |
| Temps plein, cible large | 29 800 € | Variable | Le démarrage le plus courant. La progression dépend de la spécialisation choisie. |
| Mi-temps, niche luxe | 6 000 € | 19 000 € | Le mi-temps ralentit l'amorçage mais permet de garder un revenu parallèle. |
| Activité d'appoint (CDI en parallèle) | 2 700 € | Variable | Complément de revenu, pas une activité principale. Montre le bas de la dispersion. |
Formule de base : 100 000 € de volume vendu produisent environ 14 000 à 18 000 € de revenu conseiller (après la commission reversée au réseau et les cotisations URSSAF d'environ 24,6 % pour un micro-entrepreneur). Le seuil de viabilité à plein temps cité par les réseaux est d'environ 100 000 € de volume annuel.
Réalité de l'amorçage : la plupart des agents indépendants signent leur premier dossier entre le 3e et le 5e mois d'activité, et le premier virement arrive souvent 60 à 90 jours après la première vente. Prévoyez 6 mois de trésorerie personnelle avant de vous lancer.
Ce qu'en disent les agents
Synthèse de l'enquête salaires Tour Hebdo, des avis d'employés (Indeed, Glassdoor) et de la presse professionnelle. Le ton est dur, et récurrent.
18 % des agents gagnent moins de 1 500 € brut, 27 % entre 1 500 et 1 700 €. La performance commerciale ne se traduit quasiment jamais en hausse de salaire : la marge reste dans la structure.
78 % des agents n'ont pas été augmentés dans l'année, 35 % ne l'ont jamais été. Le motif récurrent sur les avis d'employés : une revalorisation de 50 € brut tous les 5 à 10 ans, et des avantages qui s'érodent.
Des cas documentés font état de conseillères expérimentées embauchées autour de 1 000 € net, avec une prime conditionnée à un chiffre d'affaires quasi inatteignable. L'employeur doit compléter jusqu'au SMIC, mais la mécanique tire le fixe vers le bas.
Le grand mouvement de fond : facturer l'expertise plutôt que dépendre d'un pourcentage sur un billet. En Europe, environ deux tiers des agences les ont adoptés ; 85 % constatent des revenus plus prévisibles, 60 % une meilleure rentabilité.
Le consensus du métier : pour gagner réellement, on bascule en mandataire ou en réseau, où l'on garde une part de commission bien supérieure. L'upside est réel, mais sans filet, et les montants promis par les réseaux qui recrutent sont à pondérer.
Recrutement à bac+2, salaire d'entrée bas, départs rapides : le turnover est élevé. En miroir, ceux qui restent le font très longtemps, souvent par passion et pour les avantages voyage, qui eux aussi s'érodent.
Je serais caissière en grande surface, je gagnerais pareil.
Meilleure vendeuse de l'agence, et toujours sous 1 200 € net.
Une augmentation de 50 € brut tous les 5 à 10 ans.
L'ossature chiffrée repose principalement sur l'enquête Tour Hebdo (625 répondants), robuste et très relayée. Les avis Indeed et Glassdoor la confirment qualitativement. À présenter comme un retour terrain, pas comme une statistique officielle.
Augmenter la marge sans recruter
La majorité des agences proposent une assurance voyage, mais peu ont un process de vente structuré. C'est pourtant l'add-on au meilleur ratio marge sur effort. Atlas le rend systématique, avec un outil dédié et une commission jusqu'à 20 %.
Vous ne portez aucun risque assurantiel et ne gérez aucun sinistre. Chaque contrat vendu génère une commission versée chaque mois. Aucun minimum de volume pour démarrer.
Vos clients pensent être couverts par leur carte bancaire. Coach Atlas montre en temps réel ce que la carte ne couvre pas, et propose l'assurance adaptée. Le taux d'attache grimpe nettement par rapport à une proposition à froid.
Sur 10 ventes hebdomadaires à 100 € de prime moyenne, la commission Atlas dépasse 10 000 € par an. Sans charge fixe, sans gestion administrative, sans sinistre à traiter.
Réponses aux questions sur la rémunération dans les agences de voyage.
La convention collective historique (IDCC 1710) a été remplacée par la convention collective nationale des opérateurs de voyages et des guides (IDCC 3245), conclue le 19 avril 2022 et étendue en octobre 2023. Elle classe les postes en 7 groupes, de A (employé) à G (cadre). Les minima au 1er janvier 2025 vont de 1 819,82 € brut (groupe A) à 3 075,50 € brut (groupe G). Beaucoup de sites grand public citent encore l'IDCC 1710 : c'est obsolète.
Dans la plupart des agences françaises, les commissions versées par les tour-opérateurs et les compagnies sont encaissées par la structure, pas redistribuées individuellement. Le modèle salarial dominant est un fixe conventionnel sans intéressement commercial. Seules les agences qui ont mis en place un plan d'intéressement ou une part variable contractuelle reversent une quote-part aux conseillers. Les surcommissions de réseau, elles, remontent à l'agence et à la centrale, pas au vendeur.
Les données réelles communiquées par les réseaux de mandataires vont de 2 700 € (activité d'appoint) à 46 700 € (temps plein, niche bien ciblée) de commissions brutes en année 1. La dispersion est énorme et dépend du volume vendu, de la spécialisation et du carnet d'adresses de départ. Il faut déduire la part reversée au réseau (10 à 30 %) et les cotisations URSSAF (environ 24,6 % en micro). L'amorçage prend 3 à 5 mois avant le premier dossier, et 60 à 90 jours de plus avant le premier virement.
Le sur-mesure et le voyage de groupe ou MICE offrent les meilleures marges par dossier (450 à plus de 2 000 €), car l'agence achète et re-marge plutôt que de toucher une simple commission. La croisière est le produit standard le mieux commissionné (10 à 16 %). À l'opposé, le vol sec ne rapporte presque rien en commission (moins de 1 %) : sa marge vient des frais de service facturés au client. C'est pourquoi un agent qui vend beaucoup de billets secs sans frais de service dégage peu de marge.
C'est un bonus de volume que le fournisseur ou le réseau verse en plus de la commission de base, quand l'agence atteint certains seuils de chiffre d'affaires. Selectour a ainsi redistribué 32 millions d'euros à ses agences en 2024. Mais ces surcommissions enrichissent l'agence et le réseau, pas le salarié au comptoir, dont la prime éventuelle est décidée séparément par son employeur.
En agissant sur la marge par dossier, là où le levier est le plus direct : appliquer des frais de service, et surtout attacher systématiquement les produits annexes (assurance, excursions, transferts, eSIM), qui ajoutent 40 à 130 € de marge par dossier sans coût d'acquisition. L'assurance voyage offre le meilleur ratio : 10 à 25 % de commission sur la prime, sans gestion de sinistre. Une agence qui structure cette vente améliore sa marge nette, ce qui finit par se répercuter sur les primes.
Oui, si la structure est une société (SARL, SAS). Pour un gérant majoritaire de SARL au régime TNS, la part de dividendes au-delà de 10 % du capital social est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales. C'est un levier complémentaire fréquent dans les petites agences, à condition que le résultat net le permette : la marge nette du secteur ne dépasse souvent pas 5 à 10 % du chiffre d'affaires.
Le portage offre la protection du salariat (chômage, retraite du régime général) avec la liberté de l'indépendant. Mais le taux de restitution est faible : entre les frais de gestion du porteur (5 à 10 %) et les charges d'assimilé-salarié, seuls 45 à 55 % du chiffre d'affaires finissent en net. Les marges du voyage étant déjà minces, c'est rarement le statut le plus rentable, sauf si la sécurité prime sur le revenu net.
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